La sécurité énergétique par le partenariat

Site Partenariat Afrique-Europe. Assurer la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie sans porter préjudice à l’environnement ou au climat et trouver des manières innovantes de préserver notre avenir énergétique: tel est le thème central de la politique de développement et l’objectif du partenariat Afrique-UE pour l’énergie (PAEE).

Des ministres et des représentants de haut rang de l’UE et d’Afrique devaient se rencontrer à Vienne, en Autriche, pour discuter du partenariat Afrique-UE pour l’énergie lancé en 2008. En parallèle, le Forum mondial sur l’énergie durable était censé rassembler des parties prenantes africaines et européennes en vue d’élaborer des solutions innovantes pour résoudre les problèmes liés à l’énergie durable sur les deux continents. Cependant, cette réunion a dû être reportée en raison du nuage de cendres volcaniques qui a perturbé le transport aérien en Europe.

Le PAEE joue un rôle de plus en plus important dans le cadre des efforts mondiaux visant à lutter contre le changement climatique tout en assurant l’accès à l’énergie et la sécurité énergétique. En effet, il renforce les liens énergétiques entre l’Afrique et l’Europe. Le dialogue politique qui a été établi dans le cadre de ce partenariat sur les questions énergétiques se tient aux niveaux local, national, régional, continental et, naturellement, mondial.

En assurant l’accès à une énergie durable, l’Afrique et l’Europe pourront favoriser le développement économique en ayant recours à des systèmes énergétiques efficaces et renouvelables respectueux de l’environnement. Par ailleurs, l’accès à l’énergie favorisera également le développement de services sociaux, contribuant ainsi au progrès social.

D’après les conclusions de la réunion du groupe conjoint d’experts du PAEE qui s’est tenue en février 2010 au Caire, en Égypte, les objectifs que l’Afrique doit réaliser d’ici 2020 sont ambitieux:

  • garantir l’accès à des sources d’énergie renouvelables à 100 millions d’Africains supplémentaires;
  • doubler la capacité des interconnexions électriques transfrontalières, aussi bien sur le continent africain qu’entre l’Afrique et l’Europe;
  • doubler l’utilisation du gaz naturel en Afrique ainsi que les exportations de gaz naturel de l’Afrique vers l’Europe;
  • accroître l’utilisation des sources d’énergie renouvelables et promouvoir l’efficacité énergétique par la construction de centrales électriques opérant à partir de ce type d’énergies.

Investir dans l’avenir

Aussi bien les Africains que les Européens souhaitent étendre l’accès à des services énergétiques fiables, abordables et durables. Le développement des infrastructures est une priorité transversale des huit partenariats stratégiques. C’est pourquoi l’Afrique et l’Europe doivent investir davantage dans ce secteur en vue d’atteindre les objectifs du partenariat énergétique. Aussi, la mise en place d’un réseau d’infrastructures énergétiques (gazoducs, oléoducs, etc.) dans une région permettrait à l’Afrique d’étendre ses services énergétiques d’une manière rentable, tout en assurant la sécurité énergétique. Naturellement, l’Afrique progresse déjà dans ce sens en créant ce que l’on appelle les pools énergétiques régionaux, qui permettent de mieux répondre à la demande croissante.

Certaines communautés régionales d’Afrique se sont fixé des objectifs ambitieux. Il est notamment prévu d’étendre, d’ici à 2015, l’accès à l’électricité à: 66 % de la population en Afrique de l’Ouest, 50 % en Afrique centrale et 100 % pour les zones urbaines et les services publics des zones rurales en Afrique de l’Est.

Diversification

Pour pouvoir répondre à ses besoins énergétiques accrus, l’Afrique devra absolument renforcer sa capacité à exploiter les ressources énergétiques disponibles au niveau local, en particulier les sources d’énergie renouvelables, dont le prix n’est pas soumis à la même volatilité des marchés que les énergies fossiles traditionnelles.

Pour donner un exemple de ce gigantesque potentiel d’énergie renouvelable dont dispose l’Afrique mais qui reste, pour l’heure, inexploité, on peut citer l’énergie hydraulique – dont 7 % seulement des capacités sont utilisées – et l’énergie géothermique – dont à peine 1 % des capacités sont exploitées. L’UE finance actuellement des projets visant à construire des centrales électriques fonctionnant à partir de ces deux énergies. L’énergie solaire représente évidemment une autre source d’énergie renouvelable extrêmement importante sur le continent très ensoleillé qu’est l’Afrique. Elle est déjà utilisée en Afrique du Nord, qui prévoit d’exporter de l’électricité solaire vers l’Europe dans le cadre du plan solaire méditerranéen.

Dans ce contexte, le PAEE lancera le programme de coopération sur les énergies renouvelables dans le courant du second semestre 2010. Ce programme s’étendra, dans un premier temps, jusqu’en 2020 et cherchera à réduire la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles.

Problèmes gaziers

Le gaz naturel est l’une des ressources énergétiques les plus écologiques qui soient. Cependant, 50 milliards de mètres cubes sont perdus chaque année en Afrique en raison du manque d’infrastructures disponibles pour le capturer. Dans le cadre du PAEE, l’Afrique et l’UE travailleront main dans la main afin de réduire ce gaspillage et de capturer ce gaz de manière à ce que l’Afrique puisse l’utiliser et l’exporter. Un exemple de cette coopération est déjà visible en Algérie, où le gazoduc Medgaz, actuellement en cours de construction, permettra de transporter quelque 8 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Espagne.

Faciliter l’investissement privé

Pour répondre à ses besoins énergétiques, l’Afrique doit pouvoir attirer des flux importants de capitaux privés afin de promouvoir l’investissement privé dans le secteur de l’énergie. L’UE cherche à renforcer les liens entre les secteurs privés européen et africain, ainsi qu’à faciliter les investissements privés européens en Afrique.

Mais l’investissement en capital privé doit s’accompagner d’un investissement humain et institutionnel. Un bon exemple d’un tel investissement est déjà en train de se produire au Caire, où le Centre régional pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique élabore des politiques en vue de soutenir les énergies renouvelables.

Les défis à venir

La route est longue et parsemée d’embûches. Pour renforcer les capacités d’infrastructure en Afrique, le continent doit établir des cadres juridiques, fiscaux et réglementaires aux niveaux national, régional et continental afin de faciliter le bon fonctionnement des réseaux énergétiques. Cela pourrait passer par l’établissement d’institutions « jumelées » entre l’Europe et l’Afrique afin de permettre le transfert de connaissances et l’échange de bonnes pratiques. Le recours à des partenariats public-privé sera également envisagé en tant que méthode innovante de financement.

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