La tournée du Président Hu renforce les liens entre la Chine et l’Afrique

Le Président chinois, Hu Jintao, a déclaré qu’il voulait approfondir les relations commerciales et les investissements de Pékin en Afrique, malgré le ralentissement économique global que subit actuellement l’Afrique de l’Est.

Le Président Hu a fait ce commentaire lors de son arrivée au Mali, première étape d’une tournée africaine durant laquelle il visitera quatre pays. Le commerce entre la Chine et l’Afrique a été multiplié par dix depuis l’an 2000, s’envolant à 45%, atteignant près de 107 milliards de dollars pour la seule année 2008. Les investissements chinois sur le continent africain et les importations issues d’Afrique, sont dominés par les secteurs minier et pétrolier ; l’Angola est d’ailleurs le seul grand fournisseur de pétrole brut pour la Chine. Cela dit, le Président Hu visite quatre pays ne disposant pas des plus grandes sources de pétrole et de minerais qui alimentent la Chine.

Une foule de gens, ainsi que les traditionnels joueurs de tambours ont accueilli le Président Hu lorsque son avion a atterri au Mali. Il voyagera ensuite dans le pays voisin, le Sénégal, puis en Tanzanie et dans l’Océan indien, plus précisément à l’Ile Maurice. « Ces pays ne sont pas des pays considérés classiquement comme riches en ressources ; le message de la Chine à l’encontre de l’Afrique est donc le suivant : elle s’engagera auprès de toutes sortes de pays », a expliqué Patrick Smith, Editeur du journal Africa Confidential. « L’autre message, c’est qu’au cœur d’une crise, alors que beaucoup d’économies occidentales parlent de réduire les budgets de l’aide au développement, les Chinois parcourent le monde pour discuter commerce et investissements ».

Vendredi, le Président Hu déposera la première pierre d’un troisième pont permettant de relier les deux parties de Bamako, la capitale malienne, au-dessus du grand fleuve Niger, qui serpente à travers la région aride du Sahel. “Nous renforcerons la coopération économique et technique entre nos deux gouvernements, encouragerons et appuierons la coopération entre les deux pays dans les affaires liées aux télécommunications, à l’agriculture et aux infrastructures”, a ajouté le Président Hu après sa rencontre avec le Président malien.

La délégation chinoise a signé divers accords, mais leurs contenus n’étaient pas immédiatement disponibles. Les sociétés chinoises étendent leurs secteurs d’activité, notamment dans la téléphonie mobile, ainsi que dans les produits alimentaires et l’agriculture, par exemple dans le domaine de la pêche et de la production de sésame au Sénégal. La Tanzanie et le Mali sont aussi les troisième et quatrième plus grands fournisseurs d’or, tandis que le Sénégal fait des affaires florissantes dans les minerais en or et en fer. La Société pétrolière et chimique de Chine (Sinopec) recherche du pétrole dans le Nord du Mali, tandis que la Société pétrolière nationale chinoise a signé un accord de 5 milliards de dollars pour produire du pétrole chez le voisin nigérien.

Les groupes de défense des droits de l’Homme dénoncent la Chine, qui n’utilise pas son influence pour en finir avec les abus qui existent dans les pays où elle investit. Le Soudan a déclaré que la Chine travaille avec lui, en vue de mener un éventuel mandat de la Cour pénale internationale à l’encontre du Président Omar Hassan El-Béchir, pour des crimes de guerre présumés au Darfour. La Chine, dont les sociétés pétrolières extraient le pétrole du sol soudanais, prétend qu’un tel mandat ne ferait qu’empirer l’instabilité.

Selon Patrick Smith, les quatre destinations du Président Hu reflètent bien de telles inquiétudes. « Ces démocraties fonctionnement plus ou moins. L’objectif est de contrer les accusations selon lesquelles la Chine ne se lance en affaires qu’avec des autocraties riches en ressources » a-t-il ajouté.

Le ralentissement mondial et les chutes soudaines des prix du pétrole et des métaux ont affaibli sur le court terme les investissements en ressources de certains Chinois. En République démocratique du Congo, des dizaines d’usines de traitement de minerais, souvent propriétés des Chinois, ont dû fermer leurs portes.

La visite du Président chinois est souvent associée à une démonstration de confiance pour apaiser les craintes selon lesquelles la Chine pourrait tourner le dos à ses alliés africains. Pour Christopher Alden, de la London School of Economics, et co-éditeur l’an dernier du livre « La Chine revient en Afrique », « il faut comprendre cette visite comme un effort chinois pour rassurer les Africains que la Chine a un intérêt continu et durable pour l’Afrique, malgré la crise économique mondiale ».

Un tel aplomb contraste avec celui des investisseurs traditionnels. « La Chine tire avantage sur les faiblesses françaises en Afrique ». Tel était cette semaine le gros titre d’un article d’opinion consacré à la visite du Président Hu, dans le Figaro, quotidien français de droite.

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