APRODEV, CIDSE et CARITAS Europe face à la Stratégie commune UE-Afrique

La stratégie UE-Afrique et son plan d’action adopté par l’Union européenne et les chefs d’Etats africains à Lisbonne en décembre 2007 sont structurés autour de 8 partenariats: la paix et la sécurité, la gouvernance démocratique et les droits de l’homme, commerce et intégration régionale; objectifs de développement du millénaire; l’énergie; le changement climatique, les migrations, la mobilité et l’emploi, la science, la société de l’information et de l’espace.

L’UE a déclaré que le processus officiel sera développé et enrichi par le biais d’engagement avec les citoyens et les organismes de la société civile, ce qui résulte non seulement en une stratégie axée institutionnellement, mais aussi en une démarche où la société civile sur les deux continents est concernée, donne sa contribution et son soutien à travers son propre travail. Toutefois, même si certains efforts ont d’abord été réalisés en 2008, en impliquant la société civile européenne dans les débats, la participation de la société civile africaine est à la traîne.

La communication de la Commission COM (2008) 617  » Un an après Lisbonne: le partenariat Afrique-UE en action  » et le document de travail du personnel l’accompagnant (disponible ici) visent à évaluer la première année de la Stratégie conjointe et de son premier plan d’action (2008 -2010), et définir les principaux défis à relever, et fournir des contributions pour un rapport d’avancement conjoint. La communication passe en revue les premiers progrès réalisés initial sur l’ensemble des objectifs politiques de la stratégie commune et sur la mise en œuvre des 8 partenariats thématiques.

Dans le cadre du Conseil de l’UE, le groupe de travail ad hoc sur l’Afrique est devenu permanent dans son œuvre de coordination des positions des États membres et sur les contributions à la mise en œuvre de la stratégie conjointe. Le groupe se compose d’experts des Etats membres de l’UE et a mis en place 8 équipes de mise en œuvre, une pour chaque partenariat de la stratégie. Pour chaque équipe de mise en œuvre, un ou deux États membres jouent un rôle de coordination. Dans le cas de l’intégration régionale le rôle de coordination est joué par la CE et, pour la question paix et sécurité, par le secrétariat du Conseil.

Selon le plan d’action, des mécanismes similaires devraient être mis en place du côté de l’UA et les deux processus devraient aboutir à la création d’un groupe conjoint d’experts pour chaque partenariat. Les représentants de la société civile sont censés prendre part à ces groupes d’experts. groupe d’experts conjoint devrait être formalisé, lors de la réunion ministérielle de la troïka UE-UA prévue le 20 novembre.

Considérant le retard observé dans la mise en place de ce cadre institutionnel, il n’est pas surprenant que peu de progrès aient été réalisés à ce jour. Dans son document de travail, la CE décrit une série d’initiatives et d’activités qui sont en cours de préparation ou constituent un prolongement des processus préexistants de dialogue et de coopération qui rentrent tous d’une manière ou d’une autre dans le cadre de la large couverture de la stratégie.

La plupart de ces actions sont financées dans le cadre du Fonds européen de développement (FED) avec, jusqu’à présent, des contributions additionnelles limitées des États membres de l’UE se concentrant principalement sur l’infrastructure Fonds d’affectation spéciale qui a été lancé avant que la stratégie ait été adoptée.

Les deux autres initiatives qui sont plus cohérentes et bien avancé sont la Facilité africaine pour la paix (600 millions de dollars du 10ème FED), créée en 2004 pour soutenir les missions de maintien de la paix en Afrique et le renforcement des capacités militaires de l’Afrique par le biais de programmes tels que Euro – RECAMP1. Le second est le Partenariat Energie pour lequel une somme de 200 millions € du FED Facilité pour l’Energie est prévue.

Les mesures décrites dans le cadre du partenariat sur les droits de l’homme et la démocratie concernent essentiellement le dialogue politique et le développement institutionnel sur la partie africaine sans un appui financier substantiel ni actions concrètes prévues. Le lancement de la plate-forme de gouvernances multi-parties prenantes prévue dans la stratégie commune va apparemment avoir lieu en 2009.

En ce qui concerne les ODM, la CE fait référence au document de l’agenda d’action de l’UE sur les ODM adopté par le Conseil en vue de la Conférence des Nations Unies en septembre. La valeur ajoutée de la stratégie UE-Afrique semble être de promouvoir et organiser des consultations et un dialogue sur une série d’initiatives multilatérales africaines relatives à la sécurité alimentaire, à la santé et à l’éducation.

Sur la migration, nous savons qu’une Facilité/Projet de migration ACP est financé par des fonds FED intra-ACP notamment pour mettre en place un observatoire de la migration des pays ACP et renforcer les capacités institutionnelles dans les régions et les pays les plus concernés, ainsi que les capacités de la société civile sur les questions de migration.

Outre les activités menées dans le cadre des huit partenariats, 55 M € sont affectés à l’institutionnel et au renforcement des capacités de la Commission de l’UA et que la CE a suggéré d’utiliser une partie de cette enveloppe pour soutenir la participation de la partie africaine dans l’architecture institutionnelle comme convenu à Lisbonne.

Il est tout à fait évident selon le rapport de la Commission que les priorités de la Stratégie Union européenne-Afrique sont bien prises en compte dans la programmation du 10ème FED régional et dans les enveloppes intra-ACP et qu’ils vont influencer la révision à mi-parcours des documents de stratégie par pays. En outre, la deuxième révision de l’accord de partenariat de Cotonou qui se tiendra en 2010 sera certainement aussi influencé par la stratégie UE-Afrique et il est prévu que l’UE mettra à profit cette occasion pour officialiser l’usage de l’enveloppe intra-ACP du FED afin d’appuyer la mise en œuvre de la stratégie UE-Afrique à long terme grâce à des programmes et des Facilités panafricaines.

La convergence des objectifs et des priorités entre la programmation du FED et la Stratégie UE-Afrique n’est pas un problème en soi, mais il est clair que les ressources du FED ne seront à elles seules pas suffisantes pour atteindre les ambitions des 8 partenariats et que les ressources soient détournées des programmes indicatifs nationaux, cogéré par la CE et les gouvernements des pays ACP à toutes sortes d’installations intra-ACP et à des initiatives panafricaines ou au niveau régional géré par la CE et / ou la Commission de l’UA ou d’autres organismes régionaux. Entre le 9ème et le 10ème FED, nous avons observé une augmentation des fonds alloués à l’échelon régional et intra-ACP alors que les enveloppes programmes indicatifs nationaux ne représentent que 68% du 10ème FED.

Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter k.sohet@aprodev.net
Lire le document dans son integralité – pdf

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