La crise alimentaire mondiale : comment nourrir le monde aujourd’hui et en 2050 ?

Investissement, libre-échange, abolition des subventions, changement de direction dans la politique des biocarburants: ce sont là certaines des options présentées lors d’une conférence organisée conjointement entre le Parlement européen et le gouvernement français le 3 juillet 2008.

Alors que la population mondiale devrait rejoindre les 9 milliards en 4 décennies et que le prix de certaines denrées alimentaires comme le riz et le maïs devrait augmenter de plus de 70% en un an, des universitaires, des experts, des personnalités européennes et africaines se sont réunies à Bruxelles pour débattre du thème « Qui va nourrir le monde ?». Les participants ont entre autres entendu dire que le climat et la demande croissante de viande contribuent à la crise.

L’ampleur du problème a été décrite par le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, qui a affirmé que globalement « 850 millions de personnes, dont 170 millions d’enfants, souffrent actuellement de la faim ou de malnutrition ». Il a ajouté que « chaque année 5,6 millions d’enfants meurent de malnutrition ». Jacques Diouf – le directeur général de la FAO, agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a déclaré que le nombre de personnes affamées a augmenté d’environ 50 millions en 2007, en raison du taux élevé des prix des produits alimentaires.

Le point de vue de l’Europe

Au nom de la Commission européenne, le commissaire à l’Agriculture Mariann Fischer Boel a déclaré que l’UE a déjà supprimé des droits de douane sur de nombreux produits, aboli le régime « mise de côté » (set aside) en Europe pour libérer davantage de terres. Tant Mme Boel que le Commissaire au développement Louis Michel ont déclaré qu’il proposeraient aux ministres et aux députés européens de verser les fonds européens non utilisées sur les subventions agricoles européennes aux agriculteurs des pays en développement afin de lutter contre les pénuries alimentaires. Certains journaux ont mentionné un chiffre supérieur au milliard d’Euro.

Le député socialiste espagnol Josep Borrell, président de la commission du développement du Parlement européen, a déclaré lors de la conférence que l’aide au développement pour l’agriculture représentait le 17% de toutes les aides il y a 30 ans, par rapport à 4% aujourd’hui. Il a ajouté que seulement 4% de l’investissement public dans les pays en développement vont à l’agriculture. Le Ministre de l’Agriculture français Michel Barnier a cité un rapport de la Banque mondiale en affirmant que « 1 euro ou 1 dollar investi dans l’agriculture est le moyen le plus efficace de lutter contre la pauvreté ».

Sur la position européenne face à l’agriculture, Neil Parish – député conservateur britannique qui préside la commission de l’agriculture au Parlement européen, a déclaré : « nous devons libérer nos agriculteurs de la réglementation, de la bureaucratie et des subventions qui faussent le marché ». L’importance du libre-échange dans la lutte contre la hausse des prix des produits alimentaires a été également soulignée par le président de l’Organisation Mondiale du Commerce, Pascal Lamy.

Une perspective internationale

Kati Partanen (Fédération internationale des producteurs agricoles) a souligné le rôle que peuvent jouer les jeunes. Elle a déclaré que « les jeunes agriculteurs ont un rôle crucial dans l’alimentation mondiale » du moment qu’ils préfèrent la qualité de la production, le développement des marchés locaux et l’innovation de nouveaux produits. L’universitaire français Michel Griffon, directeur général de l’Agence Nationale française de la Recherche, a souligné les défis auxquels doit faire face l’agriculture comme la pénurie de l’eau, le changement climatique et le fait que l’agriculture est un gros émetteur de CO2.
Le ministre marocain de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, a expliqué que 45% de la population est basée dans les zones rurales, dont 80% dépend directement de l’agriculture. Il a souligné que «cette crise est très préoccupante. Il y a un manque de diversité en termes de ressources de nourriture, ce qui est urgent est de développer le commerce, les investissements, l’aide, les partenariats ».

Ousseni Salifou – commissaire à l’agriculture de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a déclaré aux délégués que 60% de la population de l’Afrique de l’Ouest vit dans les zones rurales. Il a rappelé que l’agriculture était « la principale ressource économique en Afrique de l’Ouest, fournissant nourriture et emplois ». Enfin, sur une note positive, il a souligné que « le potentiel existe bel et bien en Afrique ».

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