Lancement du projet “Coopération au développement européen, cap 2020”, à Bruxelles

Le 2 juin 2008, le programme EDC 2020 a officiellement été lancé à Bruxelles. Il s’agit d’un projet de trois ans, financé par le 7ème Contrat-cadre de l’Union européenne.

La coordination est assurée par l’EADI (l’Association européenne des instituts de recherche et de formation en matière de développement) en consortium avec cinq autres organisations de développement : l’Institut du Développement outre-mer (ODI), l’Institut des Etudes du Développement (IDS), l’Institut allemand du Développement (GDI-DIE), la Fondation pour les Relations internationales et le dialogue extérieur (FRIDE) ainsi que la Société internationale pour le Développement (SID), représentée par le Bureau des Pays-Bas.

L’objectif du projet est d’améliorer la compréhension divisée au sein des cercles de décision politique et des autres acteurs sociétaux quant aux défis émergeants auxquels l’UE doit actuellement faire face en matière de politique du développement et d’action vis-à-vis de l’extérieur. Le projet EDC 2020 se focalise sur trois défis émergeants : 1) les nouveaux acteurs dans le développement international ; 2) la sécurité énergétique, la démocratisation et le développement politique ; 3) la politique de développement européenne et le changement climatique.

La conférence a reflété l’impact grandissant des pays tels que la Chine, l’Inde et le Brésil. Ces pays ne gagnent pas seulement de l’influence sur le terrain économique, mais sont également en train d’émerger comme de nouveaux acteurs sur la scène du développement international. Ces « nouveaux acteurs » suivent un agenda distinct, qui est souvent en opposition avec les accords pris par l’OCDE / le CAD (Comité d’Aide au Développement). En conséquence, leur engagement dans les pays moins développés n’est pas toujours en adéquation avec les critères de l’OCD en matière d’assistance au développement.

A la place, les nouveaux acteurs utilisent des instruments de financement spécifiques, tels que les relations commerciales ou des investissements dans les infrastructures, qui sont souvent rémunérés « en nature », au travers de concessions d’exploitation de ressources spécifiques. Dans ces engagements, la frontière entre l’investissement privé à but lucratif et la politique publique est souvent floue, de même que l’efficacité des instruments de développement du pays bénéficiaire. Les recherches relatives aux justifications, aux groupes d’intérêt et aux processus politiques de ces nouveaux acteurs sont essentielles en vue de la création de nouveaux outils et scénarii pour les décideurs politiques européens. C’est seulement par ce genre d’analyses que l’on peut arriver à trouver de nouveaux secteurs de convergence et des partenariats stratégiques pour stimuler une coopération au développement plus efficace. Le projet tente d’explorer les questions suivantes :

• La politique des pays riches en matière de réduction de la pauvreté est-elle déterminée par une vision pure ou par un intérêt propre ?
• Qu’est-ce qui justifie chez les nouveaux acteurs la fourniture d’assistance, le choix des partenaires et le niveau de l’aide?
• Où sont les défis dans les positions des partenaires par rapport aux relations extérieures européennes? Où les points de convergence pourraient-ils émerger?

En ce qui concerne la sécurité énergétique, la démocratie et le développement politique, la conférence s’est basée sur le Livre vert de 2006, dans lequel la Commission européenne avait fait observer qu’il était nécessaire que soit renforcé le lien entre la politique énergétique et la politique de développement. « L’Europe est entrée dans une nouvelle ère énergétique » ; « La dépendance croissante envers les importations issues de régions instables et les fournisseurs présente un sérieux risque… [vu que] certains grands producteurs et acheteurs utilisent la politique énergétique comme un levier politique ».

Cependant, jusqu’ici, la sécurité énergétique reste un sujet étudié par les économistes (politiques) spécialisés en questions énergétiques, et elle ne fait pas partie à l’heure actuelle des prérogatives de ceux qui prennent les décisions en matière de politique étrangère, ou de sécurité et d’aide au développement. Le CDE 2020 a donc soulevé cette question, avec l’objectif de corriger ces lacunes et de créer des scénarii possibles aux questions suivantes :

• Quelles sont les combinaisons possibles entre l’énergie, le développement et la Politique étrangère de sécurité commune (PESC)?
• Quelle est la relation entre les Etats membres et les intérêts de l’UE en matière de politique énergétique ?
• Comment atteindre un équilibre pratique entre des politiques d’accès à l’énergie pour les populations les plus pauvres et la garantie d’avoir assez de ressources pour son propre pays ?
• L’UE atteint-elle le juste équilibre entre le libre-marché et ses intérêts géopolitiques?

Le dernier chapitre du projet concerne le Changement climatique. Sur ce point, la conférence a souligné que le Changement climatique est devenu d’une importance considérable dans les prises de décisions politiques au niveau européen. La plupart des efforts consentis jusqu’ici ont été focalisés sur la manière de gérer les émissions issues des pays européens, de faire fonctionner les systèmes européens d’échanges d’émissions, de proposer des politiques ambitieuses en matière d’énergies renouvelables et enfin, de négocier le rôle de l’Europe dans les questions climatiques internationales. Néanmoins, ce n’est que récemment que la relation entre le changement climatique et le développement a été discutée dans les cercles politiques axés sur le développement. Dans son Livre vert de 2007, la Commission a mis en exergue « son engagement à examiner la manière de promouvoir un dialogue et une coopération améliorés sur la question du changement climatique entre l’UE et les pays en voie de développement ». Le programme EDC 2020 soutiendra les décideurs politiques européens en se concentrant sur deux champs politiques particuliers :

• Quelles sont les implications des processus politiques nationaux (par exemple la promotion des carburants verts) qui sont liés à des pays en voie de développement?
• Quelles sont les implications des processus politiques spécifiquement élaborés pour soutenir les pays en voie de développement à faire face au changement climatique (financement pour les aider à s’adapter ou à atténuer les effets, transfert de technologie, etc.) ?

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