Note de discussion sur la paix et la sécurité

Analyse du contexte

La paix, la sécurité et le développement sont des intérêts communs et des objectifs partagés dans les relations entre l’UE, l’UA et les partenaires africains en général. Les acteurs européens et africains reconnaissent tous l’étroite corrélation qui existe entre sécurité et développement. Depuis sa création en 2002, l’UA est rapidement devenue le principal acteur dans les questions de paix et de sécurité sur tout le continent africain, et l’UE a tenu à l’aider à soutenir ce but. En collaborant étroitement avec les cinq CER mises en place, l’AU espère poursuivre le renforcement de l’« architecture de paix et de sécurité » africaine au cours des quelques années à venir.

L’UE a intensifié ses efforts pour développer un cadre politique commun destiné à renforcer la cohérence et la coordination entre les politiques, les ressources et les instruments qui existent à son niveau (et notamment ses États membres) afin de mieux répondre aux besoins en pleine évolution de l’Afrique. Malgré les progrès réalisés dans ce volet assez récent de la coopération entre l’UE, l’UA et les organisations régionales africaines, de nombreuses questions clés doivent encore être abordées par tous les acteurs, du côté de l’UE comme du côté africain, si l’on veut véritablement consolider les progrès en cours et les capacités durables dans l’architecture de paix et de sécurité africaine (APSA) en préparation, et obtenir des résultats durables.

Questions clés

Le dialogue en cours sur une stratégie conjointe offre une occasion de développer et de consolider le partenariat assez récent UE-Afrique sur la paix et la sécurité en abordant les questions suivantes :

1. Quels sont les défis clés actuels dans l’établissement de la paix et de la sécurité au continent africain ?

Il faut non seulement identifier les défis clés à relever pour établir la paix et la sécurité en Afrique, mais aussi élucider si l’UE et l’UA partagent une vision et une compréhension communes de ce que sont ces défis clés, dans quels domaines et phases spécifiques du cycle paix-conflit, allant de la prévention à la résolution du conflit et à la stabilisation après un conflit, la coopération doit être développée, et examiner dans les grandes lignes comment cela peut et doit être réalisé.

2. Quelle est la valeur ajoutée d’une stratégie conjointe UE-Afrique sur les questions de paix et de sécurité ?
La collaboration de l’UE avec les États africains pour la paix et la sécurité est déjà couverte par le MEDA, l’Accord de Cotonou et les accords TDCA. Quelles modalités spécifiques une stratégie conjointe UE-Afrique pourrait-elle utilement ajouter à ces accords ? Les domaines d’amélioration possibles comprennent : 1) le renforcement de la complémentarité avec les initiatives régionales et internationales de promotion de la paix et de la sécurité en Afrique, 2) l’élaboration de stratégies conjointes UE-Afrique de portée plus générale permettant de dépasser le maintien de la paix pour faire face aux besoins de reconstruction après un conflit (i.e. DDR, SSR, politique reliant l’aide d’urgence, la réhabilitation et le développement) et 3) une plus grande clarification de la répartition des rôles entre les différents acteurs institutionnels européens (au niveau de la CE, du Conseil de l’UE, des Etats membres).

3. Comment renforcer et soutenir au mieux l’UA dans ses efforts de développement de l’architecture de paix et de sécurité en Afrique ?

En abordant cette question, il est important de prendre la mesure de la relation de partenariat spécifique qui existe jusqu’ici entre la coopération de l’UE et de l’UA dans le domaine de la paix et de la sécurité, d’identifier les avantages et les contraintes des deux parties pour aborder de façon approfondie et efficace les questions de paix et de sécurité en Afrique, et ce qui est nécessaire à la fois au niveau de l’UE, de l’UA et des CER pour renforcer les capacités à long terme tout en subvenant en même temps aux besoins immédiats en matière de gestion et de résolution des conflits en Afrique. Cela encourage les parties à étudier si les approches actuelles sont dans la ligne des objectifs annoncés par l’UE et des principes de base du partenariat UE-Afrique. Forment-elles un ensemble suffisamment coordonné et cohérent, ou y a-t-il encore des incohérences devant être examinées si l’on veut améliorer l’efficacité de l’aide ?

Du côté africain, quelques-unes des questions en suspens sont : le développement institutionnel de l’UA et des CER et leurs besoins en capacités à long terme. Une autre question importante concerne le meilleur usage du principe de subsidiarité au sein de l’APSA : quels défis clés identifiés peuvent être traités au mieux au niveau de l’UA, des CER, ou au niveau national, voire local ?

Du côté de l’UE, les questions en suspens sont : l’efficacité de l’aide de l’UE au renforcement des capacités africaines à long terme, la meilleure manière de collaborer avec l’UA et les CER pour faire face aux contraintes identifiées, la cohérence des politiques de l’UE et la coordination avec les MS, la nécessité de créer des instruments financiers flexibles et durables.

4. Quelle est la valeur ajoutée pour l’UA de l’UE en tant que partenaire international appuyant les Africains dans leur résolution des questions de paix et de sécurité sur leur continent ?

L’UA et les CER collaborent aussi étroitement avec d’autres partenaires internationaux tels que l’ONU, l’OTAN et des partenaires bilatéraux comme les Etats-Unis et la Chine, et cherchent auprès d’eux de l’aide pour résoudre les questions de paix et de sécurité. Quelle est la valeur ajoutée spécifique de la collaboration avec l’UE et existe-t-il des moyens pour que cette collaboration mette davantage l’accent sur ces points forts ? Bien que l’UE soit un partenaire important, traiter avec les institutions européennes n’est pas toujours chose facile, et ce pour plusieurs raisons, telles que la complexité de leurs processus de prise de décision et de leurs procédures de subvention. L’APF a été un instrument positif pour l’UA, mais il pourrait être encore amélioré et certains États membres de l’UE ont une position ambiguë quant à la manière dont il devrait être financé. Quels sont les principaux obstacles et inconvénients d’avoir l’UE comme partenaire lorsqu’on traite des questions de paix et de sécurité en Afrique et comment ces problèmes peuvent-ils être surmontés d’une manière constructive ?

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