Note de discussion sur les principaux enjeux de développement

Analyse du contexte

Les acteurs africains, à la fois étatiques et non étatiques, gèrent les programmes de développement à un grand nombre de niveaux différents sur tout le continent africain. Même si les programmes de développement au niveau local et national sont les plus manifestes, on reconnaît depuis plusieurs décennies que les programmes à l’échelle régionale et continentale ont aussi un rôle à jouer. Ce point de vue est à la base de la création des Communautés Economiques Régionales (CER) et c’est également l’un des principes de base de l’action de l’Union africaine et du NEPAD. Certains des défis de développement du continent africain, tels que les maladies transmissibles ou la migration, dépassent les frontières nationales et doivent être affrontés au niveau régional ou continental. Dans d’autres domaines comme le développement économique, l’amélioration de la coopération régionale et la mise en place d’une infrastructure intégrée promettent des marchés régionaux plus viables qui devraient mieux stimuler la croissance et le développement. Cependant, dans d’autres domaines encore, là où les problèmes doivent être affrontés à un niveau plus national, comme l’éducation ou la fourniture de services, les nations pourraient encore tirer des leçons les unes des autres. Les défis de développement doivent donc être relevés à tous ces différents niveaux, mais d’une manière coordonnée et intégrée partout où c’est possible.L’UE dans son ensemble, c’est-à-dire les États membres et la Communauté, est le principal bailleur de fonds extérieur des programmes de développement en Afrique. Mais l’aide de l’UE est fragmentée, inégalement distribuée et gérée de manières extrêmement diverses. La CE à elle seule dispose de trois cadres différents pour la coopération au développement avec différentes parties de l’Afrique. L’UE s’est engagée à accroître les niveaux d’APD et à améliorer l’efficacité de son aide conformément aux préceptes de la Déclaration de Paris sur l’harmonisation et l’alignement. Mais reste à savoir si elle atteindra véritablement ces objectifs. L’amélioration de l’efficacité de l’aide implique aussi un dialogue amélioré avec les gouvernements africains sur les meilleures modalités possibles et sur la manière d’améliorer l’alignement avec les programmes de développement d’initiative africaine.

Les principaux enjeux de développement comprennent un grand nombre de sujets allant des infrastructures à la dette extérieure et aux questions financières, en passant par des questions socioéconomiques telles que la santé, l’éducation et la migration. Certaines de ces questions ont une dimension fortement politique ainsi qu’un aspect développemental. Chacune d’elles peut faire l’objet de discussions approfondies. Il serait donc utile de convenir d’un cadre générique permettant de débattre de chacun de ces sujets.

Questions clés

1. Où en est le débat sur les différents sujets dans le volet « principaux enjeux de développement » ?

Le première mesure à prendre dans un tel cadre commun serait de faire le point sur ce à quoi ont abouti les discussions passées et d’identifier les obstacles à un progrès futur. Le dialogue pourrait alors être poursuivi sur cette base.

2. Comment élever le débat conjoint sur chaque « enjeu principal de développement » au niveau d’un dialogue politique dépassant celui d’une simple discussion sur la coopération au développement ?

Le dialogue sur le développement entre les acteurs africains et européens tournait traditionnellement autour de la question de savoir comment passer de la coopération et de l’aide européennes aux initiatives africaines. La préparation de cette stratégie conjointe offre cependant une opportunité unique de dépasser un tel niveau de base et de reconnaître la valeur de l’ouverture d’un véritable dialogue politique entre l’Afrique et l’Europe dans chacun de ces domaines. Sur certaines questions, par exemple la migration, un tel dialogue politique UA-UE est déjà engagé ; sur d’autres, comme l’environnement et le changement climatique, le potentiel est évident, mais d’autres mesures pourraient être prises pour ouvrir un dialogue sur la manière dont les acteurs des deux continents pourraient collaborer pour relever ces défis.

3. Comment remédier à la fragmentation actuelle de l’aide de l’UE (programmes bilatéraux de la CE et des États membres) aux programmes de développement africains ?

La stratégie conjointe pourrait esquisser une ligne concertée de mesures à prendre en vue d’améliorer la cohérence générale de l’aide de l’UE aux programmes de développement à tous les niveaux en Afrique. Ces mesures pourraient couvrir des questions telles que la distribution inégale de l’aide de l’UE sur le continent africain et la nécessité d’éviter des disparités entre les « orphelins » et les « enfants chéris » de l’aide. Elle pourrait également examiner les meilleurs moyens d’assurer la cohérence entre les différents programmes de la CE d’aide à l’Afrique : l’Accord de Cotonou, la Politique européenne de voisinage et l’ACDC entre l’UE et l’Afrique du Sud. A un autre niveau, la stratégie conjointe pourrait définir une approche concertée sur l’intégration améliorée entre les programmes d’aide de l’UE aux différents niveaux d’aide au développement en Afrique, des niveaux local et national aux niveaux régional et continental du NEPAD.

4. Comment renforcer la responsabilité première de l’Afrique dans la conception et la direction des programmes de développement ?

Afin d’améliorer appropriation, efficacité et impact, la stratégie conjointe pourrait mettre au clair comment l’Europe pourrait aider les institutions et les acteurs africains à consolider davantage leur rôle de chefs de file dans tous les programmes de développement. La clarification de certains points de vue et un accord sur les meilleures approches possibles en matière d’alignement ou d’utilisation de modalités d’aide spécifiques, telles que l’aide budgétaire générale, pourraient se révéler utiles. Les implications du principe de renforcement de l’appropriation africaine devraient alors être examinées de manière plus détaillée dans le cadre de chaque « enjeu principal de développement ».

5. Comment renforcer l’efficacité de la coopération au développement de l’UE et améliorer la gouvernance de l’aide ?
La Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide a été acceptée par les Etats membres de l’UE et la Commission européenne ainsi que par un certain nombre d’États africains. Elle comprend des points importants sur la gestion opportune, efficace et transparente des ressources de développement. La préparation de cette stratégie conjointe offre une bonne opportunité d’examiner comment ces principes peuvent être au mieux mis en pratique dans la mesure où la coopération de l’UE avec l’Afrique est concernée et dans chaque domaine ou secteur de développement.

6. Comment assurer la mise en œuvre des engagements et le suivi des progrès réalisés ?

Tout partenariat sain reconnaît qu’il est important que chaque partie rapporte les progrès réalisés sur la mise en œuvre de leurs engagements respectifs. A cette fin, des systèmes d’évaluation et un suivi concertés doivent être mis en place depuis le début pour garantir la disponibilité des informations sur les résultats, si et quand elle est exigée et sous une forme permettant l’évaluation des performances selon les modalités convenues. La préparation de cette stratégie conjointe est une opportunité idéale d’instaurer de tels accords et de garantir que les systèmes mis en place satisferont toutes les parties.

Un domaine clé dans lequel les progrès du suivi intéresseront les Africains est la réalisation des engagements des donateurs pour augmenter les niveaux d’APD et atteindre l’objectif de 0,7 % du RNB d’ici à 2015. L’UE s’est clairement engagée à atteindre cet objectif dans sa Stratégie pour l’Afrique. Une stratégie conjointe de partenariat Afrique-Europe pourrait être un point de départ utile d’une compréhension commune de la manière dont cet objectif peut être atteint sur le plan pratique et dont les performances peuvent être mesurées.

Téléchargez cette note de discussion – doc ; pdf

Retour à les questions clés du développement

Passez vos commentaires


free web hit counter

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :