Le débat sur l’opportunité ou non de former un gouvernement continental comme première étape vers les États-Unis d’Afrique a débuté à Accra, et ne pouvait certes se conclure à Sharm El Sheikh en Egypte. Les Chefs d’Etat participant au Sommet ont décidé de reporter la question à leur prochain Sommet, a affirmé l’agence de presse APA.
Le prochain sommet aura lieu en janvier 2009 à Addis-Abeba, pour une durée de trois jours – cas exceptionnel – au cours duquel la première journée sera exclusivement réservée au débat sur le gouvernement de l’Union.
Des sources crédibles à Sharm El Sheikh, où a eu lieu le onzième sommet de l’Union africaine, ont expliqué que les mêmes protagonistes, la Libye et les dirigeants sud-africains et ceux qui étaient partagés sur la question depuis le début du débat, étaient cette fois-ci engagés dans une action plus diplomatique.
Résumant la tension des débats, le président de session a pris note de l’adoption par le sommet de Sharm El Sheikh, du rapport de la commission des douze qui a servi d’introduction aux débats et a donné mandat au président de la Commission de recommander la tenue du débat lors du prochain sommet à Addis.
La seule nouveauté dans le débat est représentée par le récent alignement de la Gambie avec le Sénégal et la Libye. Le Président du Gabon Bongo a également souscrit à cette position, à condition toutefois qu’il n’y ait pas de modification à la Constitution de son pays.
Dans le camp opposé, le Premier ministre Meles Zénawi, dont le pays accueille traditionnellement la session de janvier de la conférence des chefs d’État, a montré une attitude plutôt morose en invitant simplement à un vote « de sorte que nous en terminions avec une question que la majorité des États membres ne respectent plus ».
Le Président ghanéen Kufor, dont le pays a accueilli le lancement du débat sur l’unité gouvernemental au sommet d’Accra l’année dernière, a déclaré qu’il « ne comprenait pas comment un gouvernement parallèle pouvait être utile » alors que « l’actuelle Commission est parfaitement en mesure d’effectuer des missions et tenir la place que nous tenons à attribuer à celle-ci par nos décisions ».
L’idée d’un débat spécial d’une journée a prévalu sur celle suggérée par les chefs de délégations qui évoquaient plutôt un sommet extraordinaire.